De Clark et Yale à Toyota, Raymond, Linde et Hangcha : découvrez comment plus de 100 ans d’innovations ont transformé le chariot élévateur.
Évolution du chariot élévateur de 1917 aux chariots électriques lithium et autonomes modernes.
L’histoire du chariot élévateur : plus de 100 ans à repousser les limites.
Le chariot élévateur moderne n’est pas le résultat d’une seule invention. Il est le produit d’une succession de problèmes industriels que différentes générations de fabricants ont appris à résoudre.
D’abord, il fallait déplacer une charge sans force humaine. Ensuite, la lever. Puis travailler à l’intérieur, utiliser moins d’espace, manutentionner plus lourd, améliorer le contrôle, réduire les coûts et, aujourd’hui, automatiser une partie du travail.
En un peu plus d’un siècle, le chariot élévateur est ainsi passé d’un véhicule industriel relativement simple à une machine électrique, électronique, connectée et parfois autonome.
1917 : Clark motorise la manutention
En 1917, les employés de Clark Equipment Company, au Michigan, construisent le Tructractor.
Il ne s’agit pas encore du chariot élévateur moderne : le véhicule possède une plateforme et doit être chargé manuellement. Mais il répond à une question fondamentale : comment déplacer des matériaux lourds à l’intérieur d’une usine sans dépendre uniquement de la force humaine?
Clark décrit le Tructractor comme le premier chariot industriel au monde propulsé par un moteur à combustion.
En 1922, le Truclift ajoute l’hydraulique au levage. En 1924, un Duat équipé d’un dispositif d’empilage constitue, selon l’historique de Clark, son premier véritable chariot élévateur à moteur à combustion.
La manutention devient motorisée et le levage devient hydraulique.
1920 : Yale démontre déjà le potentiel de l’électricité
Presque au même moment, une deuxième voie apparaît.
En 1920, Yale & Towne commercialise un chariot de manutention à batterie ainsi qu’une nouvelle gamme d’équipements électriques.
L’idée est remarquable avec un siècle de recul : l’électrification du chariot élévateur n’est pas récente. Dès les débuts de l’industrie, on comprend déjà l’intérêt d’une propulsion sans gaz d’échappement au point d’utilisation et particulièrement adaptée aux bâtiments.
Les batteries de l’époque sont très différentes de celles d’aujourd’hui, mais une question encore actuelle existe déjà :
quelle source d’énergie convient le mieux au travail?
1929-1936 : Hyster pousse vers les travaux lourds
L’histoire de Hyster commence en 1929 dans l’industrie forestière du nord-ouest américain.
En 1936, la Willamette Hyster Company construit le BT, un chariot d’une capacité de 6 000 lb.
Cette étape montre que le chariot commence déjà à se spécialiser. Un entrepôt, un port, une scierie ou une usine lourde n’ont pas les mêmes besoins.
L’application commence à dicter la machine.
1951 : Raymond transforme l’entrepôt
En 1951, George Raymond Sr. et l’ingénieur Christian Gibson obtiennent un brevet pour un chariot motorisé destiné aux allées étroites, à l’origine du Reach-Fork.
La question devient : pourquoi consacrer autant de superficie aux déplacements du chariot?
En permettant de travailler dans des allées plus étroites et d’utiliser davantage la hauteur disponible, le reach truck contribue à transformer l’entreposage moderne.
Le chariot ne s’adapte plus seulement au bâtiment : il commence à influencer la manière dont le bâtiment est organisé.
1953-1971 : l’électrique, le contrôle et la spécialisation progressent.
En 1953, Jungheinrich produit son premier chariot électrique quatre roues, l’Ameise 55. Quelques années plus tard, l’entreprise développe également le Retrak, son chariot à mât rétractable.
Toyota Industries commence la production de chariots élévateurs en 1956 et documente le début de la production de chariots électriques contrebalancés en 1967.
En 1959, Linde produit le Hubtrac, présenté par le fabricant comme le premier chariot élévateur équipé d’une transmission hydrostatique. Son premier chariot électrique suit en 1971.
Crown, fondée en 1945, commence pour sa part la production d’une gamme de chariots élévateurs en 1960.
Durant cette période, l’industrie cesse progressivement de mesurer le progrès uniquement par la capacité de levage.
La fiabilité, le contrôle, l’ergonomie, la visibilité, l’entretien et l’efficacité deviennent eux aussi des critères de développement.
1974 : Hangcha entre dans une industrie déjà mature.
Hangcha trouve ses origines en Chine en 1956, mais son premier chariot élévateur, le CZ3, est fabriqué en 1974.
Cette date est importante.
Lorsque Hangcha arrive dans le chariot élévateur, l’industrie connaît déjà la combustion interne, l’hydraulique, l’électrique, les allées étroites, les grandes capacités et différents systèmes de transmission.
Le défi n’est donc plus d’inventer le principe du chariot.
Il consiste à intégrer les technologies existantes, à les industrialiser et à participer aux prochaines ruptures.
Du plomb-acide au lithium-ion : une nouvelle architecture
Pendant des décennies, le chariot électrique est étroitement associé à la batterie plomb-acide.
Le lithium-ion change une partie de cette logique : recharge d’opportunité, gestion électronique de la batterie et possibilité de concevoir davantage le chariot autour de son système énergétique.
Le changement dépasse donc le simple remplacement d’une batterie.
Lorsque moteur, batterie, contrôleurs et logiciel sont développés comme un ensemble, le fabricant peut repenser le comportement complet de la machine.
2021 : la haute tension déplace une nouvelle frontière
En juillet 2021, Hangcha lance sa série XH de 2,0 à 3,5 tonnes avec une batterie lithium-ion haute tension de 309 V.
Le fabricant vise explicitement un niveau de productivité et d’efficacité comparable à celui d’un chariot à combustion interne. La série utilise notamment des moteurs synchrones à aimants permanents et la recharge rapide.
Puis l’échelle change rapidement.
En 2022, Hangcha annonce une gamme haute tension allant jusqu’à 48 tonnes. Son catalogue actuel comprend des XH haute tension de 4 à 5 tonnes, 6 à 10 tonnes, 12 à 18 tonnes, 20 à 25 tonnes, 28 à 35 tonnes et 38 à 48 tonnes, ainsi que des équipements portuaires électriques haute tension.
Historiquement, les très grandes capacités étaient fortement associées au diesel.
L’électrique ne cherche donc plus seulement à dominer l’entrepôt.
Il commence à entrer dans des applications qui, pendant longtemps, étaient presque automatiquement confiées au thermique.
Le chariot devient électronique et connecté.
À mesure que l’électrification progresse, le rôle de l’électronique augmente.
Les contrôleurs gèrent la traction, le levage, le freinage et l’énergie. La télématique peut suivre l’utilisation et les événements de flotte. Les caméras et capteurs peuvent assister l’opérateur et surveiller l’environnement.
Une amélioration peut maintenant venir d’un logiciel, d’un capteur ou d’un algorithme, et non uniquement d’une nouvelle pièce mécanique.
C’est une transformation profonde du produit.
2026 : le prochain saut est l’autonomie
En juillet 2026, Hangcha présente LogiMind, un modèle d’intelligence artificielle destiné aux véhicules industriels, accompagné d’une gamme de chariots autonomes contrebalancés, reach, transpalettes et gerbeurs.
L’architecture présentée combine notamment LiDAR 3D, vision multicaméra et intelligence artificielle collaborative entre le véhicule et le cloud.
Un AGV traditionnel suit généralement un trajet défini et des instructions prédéterminées.
Selon Hangcha, l’objectif de cette nouvelle génération est de passer d’un véhicule suivant un trajet prédéfini à un système capable d’interpréter une tâche et d’adapter son exécution à son environnement.
Le chariot passe progressivement de la machine motorisée à la machine assistée, puis à une machine capable de prendre certaines décisions opérationnelles.
Chaque époque a repoussé une limite différente
L’histoire du chariot élévateur n’est pas celle d’une marque unique.
Clark a contribué à motoriser la manutention et à intégrer l’hydraulique.
Yale a démontré très tôt le potentiel de l’électricité.
Hyster a participé au développement des applications lourdes.
Raymond a aidé à réduire l’espace nécessaire au stockage.
Jungheinrich a développé la spécialisation électrique.
Toyota a contribué à l’industrialisation et à la recherche d’efficacité.
Linde a fait évoluer les systèmes d’entraînement.
Crown a participé à l’évolution des équipements électriques et de l’ergonomie.
Puis les fabricants des générations suivantes ont hérité de plus d’un siècle de progrès.
Aujourd’hui, les limites à repousser ne sont plus seulement la hauteur ou la capacité.
Ce sont les frontières entre thermique et électrique, entre mécanique et électronique, entre machine et système connecté, et maintenant entre conduite humaine et autonomie.
Une révolution qui ressemble à une continuité.
Le chariot élévateur de 1917 et celui de 2026 ont toujours la même mission fondamentale : prendre une charge et la déplacer efficacement.
Mais presque tout autour de cette mission a changé.
L’électricité atteint maintenant des capacités autrefois presque exclusivement thermiques.
Les données circulent en temps réel.
Les systèmes électroniques assistent l’opérateur.
Certaines machines peuvent désormais fonctionner de façon autonome.
Hangcha n’a pas inventé les étapes précédentes de cette histoire. Son arrivée plus tardive permet justement d’observer autre chose : jusqu’où les technologies accumulées pendant un siècle peuvent maintenant être intégrées et poussées.
Haute tension jusqu’aux très grandes capacités.
Lithium dans des applications de plus en plus exigeantes.
Électronique, connectivité et intelligence artificielle réunies sur des véhicules industriels.
Le lecteur peut alors constater que l’évolution actuelle ne consiste plus seulement à perfectionner le chariot élévateur.
Elle consiste à redéfinir ce qu’un chariot électrique peut faire — et jusqu’où une machine de manutention peut aller sans conducteur.
Chez MULTI-CHARIOTS ÉLÉVATEURS INC., suivre cette évolution permet surtout de distinguer les technologies qui apportent déjà une valeur réelle sur le terrain de celles qui doivent encore faire leurs preuves.
Parce qu’après plus de 100 ans d’innovation, la question fondamentale reste étonnamment simple :
quel est le meilleur moyen de déplacer cette charge, dans cet environnement, pour cette application?
MULTI-CHARIOTS ÉLÉVATEURS INC.
450-646-3038
multichariots.ca
SOURCES PRINCIPALES
Clark – History:
https://clarkmheu.com/en/company/about-us/history
Yale – 100 years of electric trucks:
https://www.yale.com/en-gb/emea/why-yale/press-releases/yale-celebrates-100-years-of-electric-trucks-with-lithium-ion-product-line-extension/
Hyster-Yale – Company History:
https://www.hyster-yale.com/en-us/company/history/
Raymond – Innovation history:
https://www.raymondcorp.com/news/2016/raymond-celebrates-continued-innovation
Jungheinrich – Our Story:
https://www.jungheinrich.com/en/about-us/our-story-1616702
Toyota Industries – History:
https://www.toyota-industries.com/company/history_4/
Linde Material Handling – Company:
https://www.linde-mh.com/en/About-us/Company/
Crown – About Us:
https://www.crown.com/en-us/about-us.html
Hangcha – History:
https://www.hcforklift.com/hangcha/history
Hangcha – XH High Voltage 2021:
https://www.hcforklift.com/news/news_read/41
Hangcha – High Voltage Range 2022:
https://www.hcforklift.com/news/news_read/154
Hangcha – LogiMind 2026:
https://www.hcforklift.com/news/news_read/260



