Un ciseau élévateur peut sembler fonctionner parfaitement et quand même être en retard dans son programme d’inspection.
C’est particulièrement important avec les plateformes élévatrices mobiles de personnel, mieux connues sous les termes PEMP, nacelle, plateforme à ciseaux, scissor lift, boom lift ou aerial lift.
Au Québec, plusieurs inspections différentes peuvent s’appliquer à une PEMP.
Et surtout :
l’inspection annuelle et l’inspection structurale ne sont pas la même chose.
La CNESST indique qu’un programme d’entretien et d’inspection des PEMP doit comprendre une inspection quotidienne, les inspections périodiques requises par le fabricant, une inspection annuelle et, lorsque requise, une inspection structurale. La référence normative utilisée est notamment la CSA B354.7 — Mobile elevating work platforms — Safety principles, inspection, maintenance and operation.
La règle à retenir
Pour l’inspection annuelle, la référence CSA appliquée aux PEMP prévoit qu’elle soit réalisée au plus tard 13 mois après l’inspection annuelle précédente.
Ce délai de 13 mois est également repris par l’ASP Construction et par des fabricants importants de plateformes élévatrices comme JLG, Skyjack et Hangcha.
Pour l’inspection structurale, la règle est différente.
Sur un chantier de construction au Québec, l’article 2.15.16 du Code de sécurité pour les travaux de construction prévoit une inspection structurale conformément à la CSA B354.7 :
10 ans après la date de fabrication de la PEMP, puis tous les 5 ans par la suite.
Elle est également requise après un dommage suspecté, potentiel ou réel subi lors d’un incident susceptible d’affecter l’intégrité structurale ou la stabilité de l’équipement, ainsi qu’après un changement de propriétaire.
Autrement dit :
ce n’est pas “une structurale aux 5 ans dès que la machine est neuve”.
La première échéance normale est à 10 ans, puis à 15 ans, 20 ans, 25 ans, etc., sous réserve des autres situations pouvant déclencher une inspection structurale plus tôt.
Inspection annuelle : maximum 13 mois
Le mot « annuelle » peut donner l’impression qu’il suffit de faire l’inspection quelque part dans l’année civile.
Ce n’est pas la bonne façon de calculer l’échéance.
La référence est la date de la dernière inspection annuelle.
Si une plateforme a été inspectée le 15 septembre 2026, il ne faut donc pas simplement se dire qu’elle sera inspectée « en 2027 ».
L'échéance maximale prévue par la norme est calculée à partir de l’inspection précédente : pas plus de 13 mois.
JLG indique explicitement cette limite pour ses PEMP. Skyjack indique également qu’une PEMP ne devrait pas être utilisée lorsqu’aucune inspection annuelle n’est enregistrée dans les 13 derniers mois. Le manuel d’entretien Hangcha consulté applique lui aussi une inspection annuelle ne dépassant pas 13 mois depuis la dernière inspection.
Qui peut effectuer l’inspection annuelle?
Une inspection annuelle n’est pas simplement une inspection visuelle rapide effectuée par l’opérateur.
Les références CSA et les instructions des fabricants prévoient qu’elle soit réalisée par une personne qualifiée pour le type, la marque et le modèle de PEMP concernés, selon les exigences applicables et les instructions du fabricant.
Le contenu exact de l’inspection varie donc selon la machine.
Un Skyjack, un JLG, un Genie, un Hangcha ou une autre plateforme ne doit pas être inspecté en utilisant simplement une liste générique sans tenir compte du manuel applicable au modèle et au numéro de série.
JLG précise par exemple que l’inspection annuelle comprend les éléments de l’inspection fréquente ainsi que les éléments additionnels spécifiés par le fabricant. Hangcha renvoie également à son rapport d’inspection et aux procédures d’entretien propres à la machine.
Qu’est-ce qui est vérifié lors d’une inspection annuelle?
L’objectif est de déterminer si l’équipement peut continuer à être utilisé de façon sécuritaire et si ses systèmes fonctionnent conformément aux exigences applicables.
Selon le fabricant et le modèle, l’inspection peut notamment toucher la structure visible, les soudures, les axes, les goupilles, les attaches, le mécanisme de ciseaux ou la flèche, les vérins et circuits hydrauliques, les commandes au sol et dans la plateforme, la descente d’urgence, les dispositifs de sécurité, les alarmes, les roues et pneus, la direction, les freins, les garde-corps, le portillon, l’alimentation électrique, la batterie, les câbles, les autocollants de sécurité et la documentation de la machine.
Cette liste n’est volontairement pas présentée comme une liste universelle.
Le manuel du fabricant et les exigences applicables à la machine demeurent déterminants.
Le Règlement sur la santé et la sécurité du travail du Québec est d’ailleurs clair sur ce principe : un appareil de levage doit être inspecté et entretenu conformément aux instructions du fabricant ou à des normes offrant une sécurité équivalente.
Inspection annuelle et inspection structurale : deux choses différentes
C’est probablement la distinction la plus importante de tout le sujet.
Une inspection annuelle vérifie l’état et le fonctionnement de la PEMP selon le programme d’inspection applicable.
Une inspection structurale cherche spécifiquement à confirmer que l’intégrité des composantes critiques et la stabilité de l’équipement sont demeurées conformes à ce qui est attendu.
La CNESST précise que cette inspection structurale doit être réalisée sous la surveillance d’un ingénieur.
Ce n’est donc pas simplement une « grosse inspection annuelle ».
Selon la machine, son âge, son historique et le programme établi par l’ingénieur, l'évaluation structurale peut aller beaucoup plus loin que l'examen visuel habituel.
Dans un rapport d’enquête publié par la CNESST en 2026, une inspection structurale réalisée conformément à la CSA B354.7 comprenait notamment une inspection visuelle des composantes structurales, de la magnétoscopie sur des soudures accessibles et des examens ultrasoniques sur des axes et certaines soudures.
Cela ne signifie pas que chaque inspection structurale de chaque PEMP utilisera exactement les mêmes méthodes.
La méthode appropriée dépend de l’équipement et de l’évaluation professionnelle requise.
Une plateforme de moins de 10 ans peut quand même nécessiter une structurale
Oui.
L’âge de 10 ans n’est qu’un des déclencheurs.
Le Code de sécurité pour les travaux de construction vise aussi tout dommage suspecté, potentiel ou réel découlant d’un incident susceptible d’affecter l’intégrité structurale ou la stabilité de la PEMP.
L’ASP Construction donne notamment comme exemples une collision, un contact avec des lignes électriques, un arrêt de chute ou une surcharge.
Une plateforme de seulement trois ans ayant subi un événement important pourrait donc nécessiter une évaluation structurale.
Dire simplement :
« Elle n’a pas encore 10 ans, donc elle n’a pas besoin d’inspection structurale »
peut être faux.
Et lorsqu’on achète une PEMP usagée?
C’est un point particulièrement important.
Sur un chantier de construction, le Code prévoit une inspection structurale après un changement de propriétaire.
L’historique d’une PEMP usagée devrait donc être traité avec autant d’attention que son apparence extérieure.
Il faut connaître sa date de fabrication, ses inspections, son entretien, les réparations effectuées, les incidents connus et les interventions structurales déjà réalisées.
La CNESST indique également que le propriétaire doit tenir et conserver un registre des inspections et des réparations de la PEMP.
Une machine repeinte n’est pas nécessairement une machine documentée.
Ciseau, nacelle, boom lift : est-ce la même règle?
Le terme PEMP couvre plusieurs configurations.
La CNESST distingue notamment les plateformes du groupe A, dont la plateforme s’élève essentiellement verticalement, et celles du groupe B, capables de déplacer la plateforme horizontalement par rapport au châssis porteur.
Une plateforme à ciseaux, ou scissor lift, est généralement associée à une élévation verticale.
Une nacelle articulée ou télescopique, souvent appelée boom lift, permet au contraire de travailler en déport.
Les systèmes mécaniques sont différents, mais les principes d’inspection demeurent essentiels pour les deux familles.
Que votre flotte comprenne un Skyjack, JLG, Genie, Hangcha ou une autre marque, il faut regarder le modèle, le numéro de série, la date de fabrication, le manuel du fabricant et l’historique réel de l’équipement.
Et l’inspection quotidienne?
Elle reste essentielle.
Sur les chantiers de construction, le Code exige notamment qu’un appareil de levage soit soumis chaque jour où il est utilisé à une inspection visuelle et à un essai de fonctionnement conformes aux instructions du fabricant. Il exige également les inspections périodiques prévues par celui-ci.
Une inspection quotidienne ne remplace toutefois ni l’inspection annuelle ni l’inspection structurale.
Inversement, une inspection annuelle effectuée hier ne dispense pas l’opérateur de vérifier sa machine aujourd’hui.
Chaque niveau d’inspection remplit une fonction différente.
Une inspection n’est pas seulement un autocollant
L’objectif n’est pas de mettre une date sur la machine.
L’objectif est de déterminer son état.
Lorsqu’une inspection révèle une défectuosité qui compromet la sécurité ou qu’une intervention requise n’a pas été complétée, la machine ne devrait pas simplement retourner au travail parce qu’une inspection a été effectuée.
Les exigences CSA reprises par les fabricants prévoient que les problèmes et défectuosités identifiés doivent être corrigés avant la remise en service. JLG le précise explicitement dans ses exigences d’inspection annuelle.
Le rapport d’inspection est donc plus important que l’autocollant.
Comment savoir si votre ciseau ou votre nacelle est à jour?
Commencez par regarder la date de fabrication, et non seulement l’année où vous avez acheté la machine.
Ensuite, vérifiez la date de la dernière inspection annuelle et l’historique des inspections structurales.
Une PEMP fabriquée depuis plus de 10 ans mérite une attention particulière.
Une PEMP qui a changé de propriétaire mérite également une vérification de son dossier.
Et une machine ayant subi une collision, une surcharge, un événement de chute, un contact électrique ou tout autre incident pouvant avoir affecté sa structure ne devrait pas être évaluée uniquement en fonction de son âge.
En cas de doute, le plus prudent est de vérifier le dossier avant de remettre la plateforme en service.
Inspection de nacelles et ciseaux sur la Rive-Sud, à Montréal et en Montérégie
MULTI-CHARIOTS ÉLÉVATEURS INC. entretient et répare des équipements de manutention et de levage dans le Grand Montréal.
Nous pouvons vérifier l’équipement, son identification, son historique disponible et les exigences d’entretien applicables afin de déterminer les inspections et interventions à prévoir.
Lorsqu’une inspection structurale sous surveillance d’un ingénieur est requise, elle doit être traitée comme telle et non remplacée par une inspection mécanique régulière.
L’objectif est simple :
savoir ce qui est dû, documenter ce qui a été fait et ne pas confondre entretien, inspection annuelle et inspection structurale.
Votre ciseau ou votre nacelle approche de 10 ans?
Vous ne trouvez plus son dernier rapport annuel?
La machine a changé de propriétaire?
Elle a subi une collision ou un incident?
Ce sont de bonnes raisons de vérifier son dossier maintenant plutôt qu’après une inspection de chantier ou un problème mécanique.
MULTI-CHARIOTS ÉLÉVATEURS INC.
Longueuil, Québec
450-646-3038
On élève les standards depuis 1997.
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