Un chariot élévateur au propane peut démarrer au quart de tour, fonctionner normalement et même sembler A1, tout en produisant trop de monoxyde de carbone.
C’est justement ce qui rend les gaz d’échappement particulièrement importants à surveiller dans les entrepôts, usines, quais de chargement et autres bâtiments où circulent des chariots à combustion.
Au Québec, la CNESST identifie explicitement les chariots élévateurs parmi les équipements à combustion interne pouvant exposer les travailleurs au monoxyde de carbone (CO), particulièrement dans les espaces fermés, semi-fermés ou mal ventilés.
Mais qu’est-ce qu’un test de gaz sur un chariot élévateur? Quels gaz mesure-t-on? Est-il obligatoire? Et pourquoi un moteur qui semble bien fonctionner peut-il tout de même représenter un risque?
Voici ce qu’il faut savoir.
Qu’est-ce qu’un test de gaz sur un chariot élévateur?
Dans le domaine du chariot élévateur, lorsqu’on parle d’un test de gaz ou d’un test 4 gaz, on parle généralement de l’analyse des gaz produits par la combustion du moteur.
Sur un chariot au propane, un analyseur peut notamment mesurer :
- le monoxyde de carbone (CO);
- le dioxyde de carbone (CO₂);
- l’oxygène (O₂);
- les hydrocarbures imbrûlés (HC).
Ces quatre valeurs donnent au technicien beaucoup plus d’information qu’une simple lecture du monoxyde de carbone.
En les analysant ensemble, il est possible d’évaluer la qualité de la combustion et de détecter certains problèmes de réglage, d’allumage, d’alimentation en carburant ou d’entretien.
L’IRSST a d’ailleurs publié des méthodes techniques spécifiquement consacrées à l’analyse des gaz d’échappement des chariots élévateurs au propane.
Pourquoi surveiller particulièrement le monoxyde de carbone?
Le monoxyde de carbone est particulièrement dangereux parce qu’il est :
- invisible;
- incolore;
- sans odeur;
- sans saveur;
- impossible à détecter par nos sens.
Une odeur de propane n’est donc pas une indication du niveau de CO.
Le monoxyde de carbone est produit lors de la combustion. Un moteur mal réglé, usé ou mal entretenu peut en produire des quantités importantes.
Dans un bâtiment où les portes restent fermées — particulièrement pendant l’hiver québécois — le risque peut augmenter puisque la ventilation naturelle diminue.
La CNESST considère d’ailleurs l’exposition au monoxyde de carbone comme une cible de tolérance zéro dans sa planification de prévention-inspection 2024-2027.
Quelles sont les limites de monoxyde de carbone au Québec?
La réglementation québécoise établit actuellement pour le monoxyde de carbone dans l’air auquel les travailleurs sont exposés :
- 35 ppm comme valeur d’exposition moyenne pondérée sur 8 heures;
- 175 ppm comme valeur d’exposition de courte durée sur 15 minutes.
Attention à une distinction importante.
Ces valeurs concernent l’exposition des travailleurs dans l’air ambiant. Elles ne constituent pas directement une valeur de réussite ou d’échec mesurée à la sortie du tuyau d’échappement du chariot.
Un test de gaz d’échappement et une mesure de la qualité de l’air dans l’entrepôt sont donc deux choses différentes, même si elles sont directement liées.
Le test des 4 gaz est-il obligatoire selon la CNESST?
La réponse demande un peu de nuance.
Il serait trop simpliste d’affirmer que tous les chariots au propane du Québec doivent obligatoirement recevoir un test des quatre gaz selon un calendrier universel déterminé par la CNESST.
La réglementation impose plutôt à l’employeur de contrôler les risques pouvant compromettre la santé et la sécurité des travailleurs.
L’employeur doit notamment identifier, éliminer ou contrôler le risque d’exposition au monoxyde de carbone et maintenir les concentrations dans l’air sous les valeurs réglementaires. Lorsque des équipements à combustion sont utilisés, la CNESST préconise notamment une ventilation adéquate, l’entretien des équipements et l’utilisation de détecteurs de CO industriels lorsque la situation le nécessite.
Le Règlement sur la santé et la sécurité du travail prévoit également qu’un appareil de levage doit être inspecté et entretenu conformément aux instructions du fabricant ou à des normes assurant une sécurité équivalente.
L’analyse des quatre gaz constitue donc un outil technique très pertinent pour vérifier et ajuster la combustion d’un chariot au propane, plutôt qu’une simple formalité administrative.
Une publication de la CNESST a déjà recommandé une évaluation semestrielle des quatre principaux gaz, avec une fréquence adaptée notamment à l’âge de l’équipement.
La fréquence appropriée demeure toutefois liée au moteur, au fabricant, aux heures d’utilisation, à l’âge du chariot, à son environnement et à son état mécanique.
Un chariot qui fonctionne bien peut-il échouer un test de gaz?
Oui.
C’est même une des raisons pour lesquelles l’analyse est utile.
Un moteur peut :
- démarrer facilement;
- tenir son ralenti;
- lever normalement;
- ne présenter aucun code d’erreur;
- sembler performant à l’opérateur;
…tout en ayant une combustion inadéquate.
La conduite quotidienne n’est donc pas un test scientifique de la qualité de la combustion.
Qu’est-ce qui peut faire augmenter les émissions d’un chariot au propane?
Plusieurs problèmes mécaniques ou d’ajustement peuvent modifier la combustion.
Par exemple :
- mauvais réglage du mélange air-carburant;
- système d’allumage déficient;
- bougies usées;
- filtre à air obstrué;
- régulateur ou vaporisateur de propane défectueux;
- problème d’injection;
- capteur défectueux sur un moteur électronique;
- convertisseur catalytique détérioré;
- moteur usé;
- entretien insuffisant.
Les technologies ont beaucoup évolué.
Un ancien moteur carburé ne se diagnostique pas exactement comme un moteur moderne à injection électronique équipé de sondes et d’un système de contrôle des émissions.
C’est pourquoi l’analyse des gaz doit toujours être interprétée avec le fonctionnement mécanique du chariot.
Toyota, Hyster, Yale, Clark, CAT, Mitsubishi, Komatsu, Hangcha ou Heli : le principe demeure le même
Les parcs de chariots élévateurs au Québec sont rarement composés d’une seule génération ou d’une seule marque.
On retrouve encore quotidiennement dans les entrepôts des chariots au propane Toyota, Hyster, Yale, Clark, Caterpillar/CAT, Mitsubishi, Komatsu, Doosan, Hangcha, Heli et de nombreux autres fabricants.
Certains utilisent d’anciens systèmes de carburation. D’autres possèdent une injection électronique, des sondes à oxygène, des catalyseurs et une gestion moteur beaucoup plus sophistiquée.
La méthode précise de diagnostic peut donc varier.
Le principe, lui, reste le même : une combustion adéquate réduit les émissions indésirables tout en favorisant le bon fonctionnement du moteur.
Test de gaz et détecteur de CO : ce n’est pas la même chose
Les deux sont complémentaires.
Le test de gaz du chariot
Il sert principalement à évaluer ce que produit le moteur et à aider au diagnostic ou au réglage de la combustion.
Le détecteur de CO dans le bâtiment
Il sert à surveiller la concentration de monoxyde de carbone présente dans l’environnement de travail.
La CNESST recommande l’utilisation de détecteurs de monoxyde de carbone industriels, fixes ou portatifs, lorsque la situation le nécessite.
Un chariot bien entretenu ne remplace donc pas une bonne ventilation ou une surveillance adéquate de l’air.
Et une excellente ventilation ne devrait pas non plus servir d’excuse pour laisser circuler un chariot dont le moteur fonctionne mal.
Pourquoi le problème peut être plus important l’hiver?
Au Québec, l’hiver crée une situation particulière.
Les portes de garage sont ouvertes moins longtemps. Les quais sont refermés rapidement. Les systèmes de chauffage fonctionnent et les bâtiments cherchent naturellement à conserver leur chaleur.
Résultat : le renouvellement naturel de l’air peut diminuer.
Un chariot qui fonctionnait depuis plusieurs mois sans provoquer de problème apparent peut alors contribuer davantage à l’accumulation de contaminants.
C’est pourquoi l’état mécanique des chariots au propane et la ventilation du bâtiment doivent être considérés ensemble.
Quand devrait-on faire vérifier les gaz d’un chariot élévateur?
Une vérification est particulièrement pertinente :
- lors d’un entretien préventif;
- lorsqu’un moteur fonctionne irrégulièrement;
- après une réparation touchant l’allumage ou l’alimentation;
- lorsqu’un chariot consomme anormalement beaucoup de propane;
- après l’achat d’un chariot élévateur usagé;
- lorsque l’historique d’entretien est inconnu;
- lorsqu’un détecteur de CO déclenche une alarme;
- lorsqu’un chariot est utilisé principalement à l’intérieur;
- lorsqu’un moteur âgé travaille plusieurs heures par jour;
- lorsque plusieurs chariots à combustion circulent simultanément dans le même bâtiment.
Pour un parc important, intégrer cette vérification à un programme d’entretien préventif permet également de conserver un meilleur historique de l’état des équipements.
Quels symptômes peuvent indiquer un problème?
Certains signes devraient attirer l’attention :
- consommation de propane anormalement élevée;
- perte de puissance;
- démarrage difficile;
- ralenti instable;
- odeur inhabituelle des gaz d’échappement;
- moteur qui hésite ou cale;
- dépôts anormaux;
- voyant moteur;
- alarmes répétées d’un détecteur de CO.
Toutefois, l’absence de ces symptômes ne garantit pas que la combustion soit optimale.
Le CO ne se voit pas et ne se sent pas.
Test de gaz ou test de fuite de propane?
Ce sont deux vérifications différentes.
Le test des gaz d’échappement analyse les produits issus de la combustion du moteur.
Une vérification de fuite de propane vise plutôt le circuit d’alimentation : bonbonne, raccords, conduites, régulateur et autres composants contenant le carburant.
Un chariot peut ne présenter aucune fuite de propane tout en produisant trop de monoxyde de carbone.
L’inverse est également possible.
Et les chariots diesel?
Un moteur diesel produit lui aussi des contaminants et ne devrait pas être considéré comme automatiquement sécuritaire à l’intérieur d’un bâtiment simplement parce qu’il fonctionne correctement.
Cependant, les émissions d’un moteur diesel ne s’évaluent pas nécessairement avec exactement la même procédure qu’un moteur au propane.
Le type de moteur, son système antipollution et l’environnement d’utilisation doivent être pris en considération.
Pour une application principalement intérieure, il peut également être pertinent d’évaluer si un chariot électrique peut éliminer directement une partie du problème à la source.
L’électrique élimine-t-il le problème du CO?
Un chariot élévateur électrique ne possède pas de moteur à combustion et ne produit donc pas de monoxyde de carbone à l’échappement.
C’est un avantage important dans les applications intérieures.
C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles les technologies lithium-ion et les chariots électriques haute performance ont pris une place grandissante dans des applications autrefois réservées au propane.
Un chariot électrique doit évidemment toujours être entretenu correctement et ses batteries doivent être utilisées dans les conditions prévues par le fabricant.
Le choix entre propane, diesel, plomb-acide et lithium doit être fait selon l’application complète : heures de travail, capacité, environnement, recharge, température, coût d’énergie et coût total de possession.
Comment se déroule un test de gaz?
Selon le moteur et l’équipement utilisé, le technicien laisse généralement le moteur atteindre ses conditions normales de fonctionnement puis utilise un analyseur approprié pour mesurer les gaz d’échappement.
Les résultats peuvent ensuite être comparés aux recommandations techniques applicables.
Si les valeurs sont anormales, le test ne sert pas simplement à produire une feuille avec des chiffres.
Il devient un outil de diagnostic.
Il faut alors rechercher pourquoi la combustion est mauvaise.
Changer un réglage sans comprendre la cause peut masquer temporairement un problème plutôt que le corriger.
L’entretien préventif reste la première défense.
La CNESST insiste sur l’importance d’inspecter et d’entretenir les équipements à combustion.
Pour un chariot élévateur, cela signifie notamment de respecter les intervalles d’entretien du manufacturier et de ne pas attendre qu’une panne immobilise complètement la machine.
Un programme préventif bien structuré peut contribuer à :
- diminuer les émissions;
- réduire les pannes;
- maintenir les performances;
- réduire la consommation de carburant;
- identifier les pièces usées avant une défaillance;
- prolonger la durée de vie du chariot;
- mieux documenter l’état de la flotte.
Faire vérifier un chariot élévateur au propane au Québec
Depuis 1997, Multi‑Chariots Élévateurs Inc. entretient et répare des chariots élévateurs de nombreuses marques dans le Grand Montréal, sur la Rive-Sud, Montréal, la Rive-Nord et en Montérégie.
Nos équipes peuvent intégrer la vérification des gaz d’échappement au diagnostic et à l’entretien de vos chariots à combustion.
Un problème de CO ne doit pas être traité uniquement en ajustant le moteur : l’état mécanique du chariot, son utilisation et l’environnement de travail doivent être considérés ensemble.
Vous utilisez plusieurs chariots au propane à l’intérieur? Votre équipement est vieillissant? Vous avez acheté un chariot usagé dont l’historique est inconnu?
Faites vérifier son état avant qu’un problème invisible devienne un problème de santé, de conformité ou de production.
MULTI‑CHARIOTS ÉLÉVATEURS INC.
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On élève les standards depuis 1997.
Références principales
- Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), Exposition au monoxyde de carbone.
- Règlement sur la santé et la sécurité du travail, notamment les dispositions relatives aux appareils de levage et aux contaminants de l’air.
- Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), Chariot élévateur et surfaceuse à glace au propane : un entretien préventif pour une performance sécuritaire, 3e édition, 2024.
- IRSST, travaux sur l’analyse des gaz d’échappement et le monoxyde de carbone émis par les chariots élévateurs au propane.



